BebeCalin.mu

Le quotidien d’une future maman

Quand le blues arrive avant le baby

12 octobre 2012, par BebeCalin.mu (Anushka Mootia)


On a beaucoup parlé des problèmes de baby-blues et de dépression post-natale. Mais, une étude britannique révèle que la dépression serait aussi fréquente, voire plus courante pendant la grossesse qu’après celle-ci. Des résultats préoccupants, car ces symptômes dépressifs pourraient avoir des conséquences sur le développement de l’enfant.

Cette enquête a été entreprise chez plus de 14 500 femmes enceintes dont l’accouchement était programmé entre le 1er avril 1991 et le 31 décembre 1992. Afin de rechercher la présence de symptômes dépressifs, les psychiatres de l’université de Bristol ont utilisé un questionnaire dit "d’Edimbourg", dont l’intérêt avait été démontré antérieurement pour déceler l’existence d’une dépression post-natale ou d’une dépression survenant pendant la grossesse. Ce test s’intéresse plus particulièrement aux répercussions affectives et cognitives de la maladie. Cette échelle de dépression a été présentée aux participantes de l’étude à 18 et 32 semaines de grossesse, puis 8 semaines et 8 mois après la naissance du bébé. Un score supérieur ou égal à 13 signalait une probable dépression.

Davantage de dépressions pendant la grossesse qu’après celle-ci Les résultats ont permis de révéler qu’il y a au moins autant de femmes dépressives en fin de grossesse que durant les mois qui suivent l’accouchement. Plus étonnant encore, chez certaines femmes enceintes déprimées, l’accouchement pourrait s’associer à une amélioration de l’état psychologique. En effet, parmi les 9 028 participantes ayant répondu en totalité aux quatre questionnaires, le pourcentage de femmes souffrant de symptômes dépressifs atteignait la valeur de :

  • 11,8 % à 18 semaines ;
  • Pour s’élever à 13,5 % à 32 semaines ;
  • Puis s’abaisser à 9,1 % à 8 semaines après la naissance ;
  • Et à 8,1 % à 8 mois.

Seulement, 1,6 % (146) des femmes présentaient des signes potentiels de dépression sur l’ensemble des quatre périodes étudiés.

Un problème à prendre en compte

Ces chiffres remettent en cause l’idée selon laquelle le risque de dépression est surtout élevé après l’accouchement. Bien entendu, on ne peut nier que chez certaines femmes, la naissance représente un stress qui favorise l’apparition d’un état dépressif transitoire. Mais ces nouvelles données soulignent les troubles psychologiques développés par les femmes enceintes. Même lorsqu’elle est désirée, la grossesse n’est pas toujours une période aussi joyeuse que l’on croit.

Peu de travaux se sont consacrés à la dépression pendant la grossesse. C’est regrettable car plusieurs études ont révélé qu’une telle dépression peut avoir des répercussions défavorables pour la mère et pour l’enfant. Les femmes tendent ainsi à moins bien faire suivre leur grossesse et accouchent plus souvent prématurément. En outre, le nouveau-né présente plus fréquemment un faible poids. La conduite de plus amples études permettrait de mieux connaître les causes de ces dépressions chez les femmes enceintes. Elles pourraient également déterminer la possible nécessité d’un programme de dépistage permettant le recours éventuel à une psychothérapie.








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